On pourrait faire simple et dire de Ni que c’est un groupe de rock instrumental. On s’arrêterait là et on se resservirait un bon café, regarderait la pochette de leur dernier album en se disant que ça fait du bien de profiter du balcon, que le printemps revient, et qu’on écouterait bien les oiseaux chanter tout l’après-midi, que ça faisait longtemps.

Pour compliquer un peu, on dirait que Ni est un Monstre à quatre têtes. Un grand méchant Ni, qui aurait troqué la linéarité des routes de l’Ain dont il vient contre des architectures impossibles, qui tiennent à grand renfort d’électricité et de polyrythmies apatrides. Dans son temple, le quatuor perce les fenêtres à coup de cris, les murs élevés tiennent grâce à une nervosité virtuose et la qualité des fondations dissipe tout doute quant à la résistance potentielle du bazar pour les siècles à venir. À l’intérieur, c’est la bourrasque continue, des enfants courent un peu partout et leurs parents dansent autour d’un grand bûcher festif au milieu duquel la valse, la forme couplet-refrain et les mesures 4/4 lâchent un dernier râle avant d’être réduites à l’état de cendres.

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